Bébé prématuré, un défi pour les parents

On le désire, on l’imagine, on l’attend avec impatience, et puis un jour, il est là.

Mais parfois un peu trop tôt, beaucoup trop tôt, même, pour certains. Grossesse difficile, aléas de la vie, les causes provoquant une naissance prématurée sont nombreuses et justifiées. Mais rien ne prépare les parents à cette épreuve.

Quand, tout à coup, l’enfant paraît, si petit, si fragile, l’immense joie ressentie à la vue de notre bébé côtoie une profonde tristesse, un désarroi face à notre impuissance.

L’agitation pour la prise en charge de notre enfant impressionne, ces inconnus aux gestes si précis s’affairent autour de lui, professionnels discrets et efficaces qui nous rassurent et nous expliquent le pourquoi du comment.

Le stress nous oppresse.

A chaque parent sa façon de réagir, propre à son tempérament : espérance, optimisme à toute épreuve ou au contraire découragement, accablement. Parfois un affrontement entre ces réactions.

Et toujours cette impuissance devant notre incompétence.

Et pourtant…

Pourtant, ce sentiment d’impuissance qui nous domine cache une force qui est en nous, une force invincible qui émane du plus profond de nos entrailles, une force d’âme. Puisque notre enfant est en difficulté, on va l’aider, on va lui donner tout ce qui nous est possible de lui donner, on va se donner à lui. Lorsque l’on a saisit ça, l’impuissance cède la place à notre toute-puissance : celle d’être parent.

Par notre présence à ses côtés, notre bienveillance à son égard, nos encouragements, nos paroles douces et réconfortantes, notre capacité à calmer ses pleurs, nous donnons à notre tout-petit une chose essentielle à son développement : l’Amour. Et c’est ça qui va lui donner la force de se battre pour survivre. Cela peut nous paraître peu mais en lui transmettant l’amour sans condition on lui apporte la sécurité affective dont il a besoin pour grandir et se développer harmonieusement.

Le psychiatre John Bowlby et la psychologue Mary Ainsworth, ont expliqué cela dans leur théorie de l’attachement.

La relation d’attachement avec au moins un adulte est aussi nécessaire au développement affectif de l’enfant que la nourriture l’est à sa croissance physique

Cette théorie, établie dans les années 50, a été vérifiée et étoffée jusqu’à nos jours, notamment en neurobiologie, expliquant que la figure d’attachement est la base de la sécurité de l’enfant. Plus qu’un simple besoin, c’est une nécessité biologique.

Le cerveau est littéralement sculpté par les expériences de communication et par les émotions ressenties durant la petite enfance (Jeliu et Cousineau, 2003)

Par notre proximité physique et notre disponibilité émotionnelle envers lui, notre bébé va développer un attachement sécurisé qui aura un impact important sur son développement.

Et dans le cas très particulier de la prématurité, notre bébé en aura d’autant plus besoin qu’il doit se battre pour vivre. Pour choisir la vie, il a besoin de nous, présent, à ses côtés.

Aujourd’hui, en unité de néonatalogie, la relation parent-enfant est au centre des soins prodigués au bébé prématuré. Le peau à peau est particulièrement efficace pour rassurer notre bébé et permettre de nouer ce lien affectif avec lui. Et quel bonheur d’avoir notre tout-petit contre nous !

Parent de préma, la route peut vous paraître longue et obscure, mais votre place y est essentielle : soyez au premier plan auprès de votre enfant, votre coeur s’apaisera et le sien aussi.

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